L’Allaitement
Nos
chatons sont nés, chacun a essayé de trouver SA mamelle : les premiers nés,
donc les premiers à têter ont été les mieux servis, les derniers venus
devront se contenter des tétines restantes, pas obligatoirement les plus
productives. Les premières « goulées » prises sont capitales, outre
qu’elles vont nourrir le chaton qui n’a plus l’apport automatique par voie
sanguine par l’intermédiaire du placenta : il devra désormais se battre
pour manger, les premières prises vont apporter au chaton le colostrum,
élément nutritif riche en protéines, en sels minéraux et en anticorps
permettant l’adaptation du nouveau né à son nouveau mode de vie. Cette
absorption de colostrum est essentielle à une bonne
croissance et à l’immunité du chaton. Cette immunité, dite passive,
est due aux anticorps transmis par la mère, via le placenta mais surtout par
le colostrum ( 95 %), d’ou l’importance d’une bonne vaccination de la mère
avec un éventuel rappel peu avant la saillie, jamais après la saillie (risques
majeurs pour la portée).Cette immunité naturelle disparaît avec le temps et
devient quasi nulle vers deux mois et demi. La recherche d’une immunité
artificielle par introduction d’antigènes vaccinaux peut donc se faire, pour
le chaton, à partir de 6 semaines.(Dr S. HOCHET-NGUYEN Séminaire SFF 2002
:Programme vaccinal…) Outre cet élément indispensable, le lait de
la mère sera-t-il suffisant en qualité et en quantité. Notre
seul moyen d’en juger sera la balance pour les chatons et une alimentation
adaptée et de qualité pour la femelle. La femelle doit avoir à sa
disposition de la nourriture et de la boisson à volonté. Notre seul
moyen de contrôle pour le chaton sera la pesée quotidienne,
avec utilisation d’une balance de ménage (type : 2 kg/5 g) munie d’un plateau
de pesée en forme de coupe pour éviter que le chaton ne s’en évade.
Le contrôle du poids doit être quotidien, toujours au même moment de la
journée pour être valable, et inscrit sur un cahier, selon les modalités
préconisées par les vétérinaires et reprises dans un tableau.
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¤ La règle générale est qu’un chaton ne doit pas perdre
de poids après sa naissance et que le gain moyen quotidien (G.M.Q.)
doit être égal ou supérieur à 10 grammes,
doit doubler son poids de naissance en 8 à 10 jours,
doit peser, à 4 semaines, 4 à 5 fois son poids de naissance, doit à
8 semaines avoir doublé son poids de 4 semaines.
( Dr BLANCHARD Géraldine, UP de Nutrition, ENVA :
Séminaire SFF 23 03 200, citant DUBOS 1997)
Un chaton tête de 4
à 10 fois par jour sa mère et il lui faut absorber 3 à 4 g de lait maternel
pour augmenter son poids de UN gramme et pourtant le lait de chatte est très
riche.
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Il résulte du tableau ci-dessus (Séminaire
SFF : le chaton et son élevage mars 2002 et Tables GEIGY) que le lait de
chatte est riche en protéines et en lipides et qu’il est indispensable de
proposer, en cas d’alimentation complémentaire du chaton, un lait se
rapprochant le plus possible du lait naturel. A
défaut des laits en poudre du commerce, on peut obtenir un très bon lait de
substitution en mixant finement 200 g de lait entier de vache avec un œuf
dur entier avec sa coquille le liquide ainsi préparé enrichi en protéines
(blanc d’œuf), en lipides (jaune d’œuf), et en sels minéraux (coquille) se
rapproche assez bien par ses qualités nutritives du lait de chatte. (Dr G.
BLANCHARD Séminaire SFF mars 2002 citant MORIS
2000)
Quelque soit le lait de substitution
utilisé, le mode d’application sera identique :
- ne jamais oublier
que la contenance maximum d’un estomac de chaton est de
cinq ml - un minimum de 6
tétées de 2 ml par journée, de jour et de
nuit. - un lait présenté au chaton chaud (37 à
39°). à l’aide d’un biberon ou d’une seringue de 1 à 5
ml, l’embout de la seringue pouvant être dans l’axe de la bouche (souvent le
chaton tète tout seul), ou perpendiculaire ( la déglutition est facilitée et
on peut « pousser » le lait doucement)
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la quantité nécessaire, par jour, est de 25
à 30 ml de lait pour 100g de chaton. la durée du biberonnage
est de 2 semaines, à partir de la 3ème semaine, le chaton peut laper à
l’écuelle.
Quant à la préparation du lait, elle doit être
très précise : utilisation d’un matériel stérile et
désinfection des mains. dilution du lait en poudre avec
de l’eau minérale pour biberons. respecter la
température de dilution recommandée par le fabricant (40 à 50°), température
parfois nécessaire à une bonne dilution mais trop élevée pour être absorbée
par un chaton.
¤ La période du SEVRAGE
:
¤ Le passage de l’allaitement maternel à une
alimentation externe commence à partir de la 3ème semaine et dès la 5ème
semaine la mère ne consacre plus que peu de temps à ses chatons, la lactation
va se tarir vers la 7ème ou 8ème semaine.
¤ Cette période de la 3ème semaine est très
importante : le chaton commence à sortir de son « nid » et à vagabonder ( il
est alors très vite désorienté et perdu ), ses dents de lait commencent à
pousser (2ème ou 3ème semaine),il découvre la nourriture de sa mère qui semble
l’intéresser et ses capacités digestives se modifient ( le lactose devient
plus difficile à digérer, mais il commence à digérer l’amidon grâce à
l’amylase ( Dr P. PIBOT, Sevrage du chaton, SFF, n° 32, fev.
2002).
¤ Dès cette période et jusqu’à l’âge de 3 mois, les
risques de diarrhée sont présents. Il semble important que la mère et les
chatons aient une nourriture identique, les chatons copiant le comportement
maternel. Cette nourriture doit être riche en protéines, vitamines et calcium,
dans des proportions équilibrées. Il semble donc judicieux de faire appel à
des aliments tout préparés en ayant présent à l’esprit que le chaton va
prendre l’habitude d’un certain type de nourriture qui sera son aliment de
choix toute sa vie( DR G. BLANCHARD,Sevrage du chaton , Séminaire SFF, mars
1998).
¤ Cette nourriture devra être présentée plusieurs fois par
jour, puis retirée ( pour éviter que les chatons piétinent dedans). Le plat de
présentation devra être bas et large pour que toute la portée puisse manger
dans la même assiette en se stimulant les uns les
autres.
¤ Les besoins caloriques des chatons étant beaucoup
plus élevés que ceux des adultes, il ne faut pas lésiner sur la quantité qui
peut atteindre 30 à 40g/jour de croquettes pour un chaton de 8 semaines (Dr
P.PIBOT).
¤ Si on utilise une alimentation avec des
croquettes, il peut être intéressant de les présenter « mouillées » en les
humidifiant avec du lait reconstitué pour chaton : le goût du lait étant un
stimulant pour le chaton.
© Texte et photos élaboré par
Mr Jean Desnos.
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